Un joli tour d'Océanie en famille

Nos aventures et mésaventures autour de quelques îles de l'Océanie, à la rencontre de cultures et de gens du Pacifique.

Iles Salomon, Honiara

Nous atterrissons à Honiara en fin de matinée et reconnaissons tout de suite que nous sommes dans le Pacifique : un seul guichet pour l’immigration, une heure d’attente, pas de priorité pour les familles avec des bébés ou jeunes enfants. Pas de contrôle au rayons X non plus pour les bagages.

Nous trouvons un taxi qui nous emmène jusqu’à notre hébergement et qui nous arnaque au niveau du prix (on l’apprend plus tard bien sûr…). Les vitres des taxis sont couvertes de plastique teinté si bien qu’on ne voit rien du tout. Il pleut, ce qui rajoute à l’atmosphère sombre. Notre traversée de la ville nous laisse une impression de bidonville. Mais on ne voit pas bien collés tous les trois entre les deux sièges avant, têtes baissées pour entrevoir la route sous le niveau de pare-soleil du pare brise. Arrivés au Raintree Cafe, à White River, on découvre un village crasseux où un marché occupe les deux côtés de la rue. Le temps est exécrable, essuyant la queue du cyclone qui est passé quelques centaines de kilomètres plus bas au Vanuatu. Le Raintree Cafe est juste en bordure de la mer qui se déchaine et les vagues déferlent sur les tables. Notre chambre est une autre que la réservation, et on y perd pas au change….on a une cuisine ! Quand on entre, le coin cuisine est une bouteille de gaz et un gros réchaud rouillé. L’étagère au dessus de l’évier est pleine de vieux magazines que les rats et les insectes grignotent, saupoudrant toute la paillasse de petits grains dégoutants. Pas de récipient pour chauffer l’eau….et de l’eau froide dans la douche. La douche….très jolie, donnant sur l’extérieur avec de l’ombrière pour le toit, des galets sur le fond du bac, un petit jardinet d’intérieur avec une sculpture jouxtant le banc de la douche. En pratique : le jardinet est un nid à cafards et araignées qui se baladent le soir…les galets ne sont pas nettoyés, donc gras et retenant toutes les feuilles mortes et cheveux des autres gens…Il faudra deux jours pour trouver le livre d’information sur la chambre et découvrir que normalement, il y a de l’eau chaude ! Deux jours où nous faisons chauffer de l’eau dans une grosse bouilloire achetée le premier jour dans un boui-boui de la rue principale.

Après notre installation dans la chambre nous décidons d’aller en ville. Nous sortons dans la rue pour essayer de prendre un bus. Le marché est vraiment crasseux, ce sont des guérites de fortune, certaines fermées par des grillages avec juste un trou pour acheter je-ne sais-quoi au vendeur. Sur les tables bancales sont posées des bouteilles avec un liquide épais et sombre (on dirait de l’essence) et des noix locales. Les gens nous regardent drôlement, pas de sourires…on ne se sent pas très à l’aise. Par terre des taches rouges comme du sang craché. Ce sont en fait  des noix locales que les locaux mâchent, leur donnant les dents, les gencives et les lèvres rouge vif. Leur visage est donc assez impressionnant, très noir de peau, avec le blanc des yeux qui ressort et le sourire ensanglanté ! Pour les européens que nous sommes c’est très intimidant. Le village ressemble à un campement de réfugiés avec les enfants qui jouent dans les ordures et le linge qui sèche partout autour des baraquement en bois, sur pilotis. Nous essayons de monter dans un bus mais aucun ne nous prend ni ne nous renseigne. Encore un détail  pour nous mettre bien à l’aise ! Nous décidons de prendre un taxi, plus cher mais plus simple.

La ville est aussi sale que bruyante et fourmillante. C’est très difficile de trouver à manger dans les échoppes chinoises de la ville. On dirait un immense bidonville. Tous les magasins sont des baraques mitoyennes sans fenêtre ni devanture : on y entre par une porte (parfois blindée !) qui reste ouverte mais qui est gardée de chaque côté par un homme assis sur une chaise haute, comme un maître-nageur. Il y a souvent des coupures d’électricité, plongeant tous les magasins dans le noir et provoquant un vacarme énorme avec les groupes électrogènes qui se mettent tous à tourner. En fait il y a moins d’heures avec du courant que de pannes sur 24 heures ! Ce qui est très gênant dans notre chambre d’hôtel dont les fenêtres sont couvertes par des moustiquaires noires et des traverses en bois fixes….la clarté nous manque !

Le personnel est tout juste aimable et accueillant, la fumée des pizzas cuites au four va directement dans notre chambre et parfume le linge que nous mettons à sécher sur le balcon  (donnant sur la maison-bidonville d’à côté).

Bref, la grande classe ! Au moins au Vanuatu, on ne nous trompait pas avec des belles photos et des « standards » touristiques non honorés : pas d’électricité, rustique, mais assumé !Ici tout est sale et le personnel n’est pas très soucieux du bien être des clients tout d’abord parce que l’anglais qu’il parle est approximatif.

Avec les jours qui passent, les sourires arrivent et Emmeline est connue. Quand nous sortons pour aller prendre le bus (ouais ! enfin !) tous les gens disent « monin’ » ou « hallo Emmeline » ! Nous savons où attendre les bus, des minibus à 10 passagers dans lequel un homme fait office de contrôleur. Pour s’arrêter, les gens sifflotent. On n’essaie même pas et on se contente de faire un signe de sourcils ou de tête au jeune homme qui ouvre et ferme la porte latérale. C’est une expérience intéressante que de prendre le bus avec les locaux. On remarque d’ailleurs qu’il y a plus d’hommes que de femmes dedans et qu’aux arrêts, les hommes montent en premier et les femmes restent pour attendre le prochain bus. Vive l’égalité des sexes ! d’ailleurs le dimanche, il n’y a pratiquement pas une femme en ville ou dans le bus.

Nous prévoyons de visiter un village traditionnel avec un organisme puisque c’est comme au Vanuatu, les villages sont régis par la coutume et il est très délicat d’y aller sans guide officiel. Manque de chance le mec qui gère la visite du village de Kakabona, à 500 mètres de notre hébergement, est décédé la semaine dernière…ce qui rend la visite impossible !

Nous rencontrons un taxi sympathique que nous contactons plusieurs fois. Il nous emmène faire un tour pour voir une plage (qui ne se révèle pas intéressante, enfin un peu sale…). Je peux alors prendre quelques clichés des maisons traditionnelles et des gens. Nous ne pouvons malheureusement pas visiter de village avec lui car les villages de l’ouest sont des communautés de Guadalcanal, et que John, notre taxi-guide est de Malaita, l’île d’en face, que la guerre ethnique a opposé il y a quelques années. Même si les affrontements ne sont plus d’actualité, les tensions intercommunautaires elles, existent toujours. Nous apprenons quelques trucs avec le taxi qui répond à nos questions et ce sera le seul petit épisode culturel du séjour, à part la visite du musée « national » dont seul la salle principale est ouverte, le village traditionnel étant en reconstruction ! Pas de chance non plus sur ce coup-là !

Ce qui reste positif, c’est l’artisanat qui est très abordable et qui nous renseigne pas mal sur des modes de vie et coutumes des différentes iles.

Nous nous mettons à la mode « locale » et sortons pour manger dans les hôtels où se retrouve toute la communauté des expatriés, majoritairement australien et néo-zélandais. Ces grands restaurants proposent de bons plats mais l’ambiance feutrée et bien rangée n’est pas notre truc et surtout pas de circonstance avec Emmeline qui mange comme un cochon et fait beaucoup de bruit ! Nous allons tout de même le dimanche midi pour le « barbecue familial » en étant sûrs d’y trouver d’autres familles avec enfants au bord de la piscine. Pas de chance, encore une fois, il se met à verser juste au moment du dessert…averse tropicale coupant court à la belle après-midi pour Emmeline.

Les après-midi sont longues dans notre chambre sombre, avec coupures d’eau ou d’électricité au programme ! il semble que nous ayons fait le mauvais choix en restant sur la ville d’Honiara, alors que d’autres iles sont plus reculées, plus traditionnelles mais aussi plus avenantes que la grande ville sale et fourmillante.

Nous ne profitons pas de notre dernière semaine de voyage à cause de cette erreur d’aiguillage et de notre hébergement qui bat les records d’inconfort , ou alors on commence à en avoir marre des rats qui fouillent et grattent dans la cuisine, des cafards qui se promènent sur le sol et  des araignées énormes dans la douche le soir…vive les tropiques !

 

commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 22:35, le 26/02/2011, Îles Salomon
Mots clefs :

réaction

je trouve dommage un tel récit. Ce que je peux vous dire ici c'est, quand vous prévoyez un voyage dans n'importe quelle partie du globe, attendez-vous à ce que vous ne soyez pas à l'aise; soyez prêts à vivre ce que les autres vivent, des aventures joyeuses ou mauvaises.

continent5 - 05:12 - 7/04/2011

Page précédente Page suivante


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

Mes albums

La carte des lieux visités



Derniers articles
- Iles Salomon, Honiara
- Derniers jours à Port Vila
- Tanna, l'aventure de la jungle.
- Trois jours à Port Vila au Vanuatu.
- Dernier jour en Nouvelle Zélande, snifffff....
- Oamaru.
- Surat.
- Les fiordland.
- Glenorchy et Queenstown.
- Emmeline et les nouveaux mots en voyage.
- Hokitika
- Les glaciers.
- Départ vers la côte Ouest.
- Chistchurch un petit air britannique.
- La Nouvelle Zélande notre terre préférée.
- Un réveillon à Tahiti.
- Trois jours à Hiva oa.
- Hiva Oa, l'île de Gauguin et Brel.
- Excursion à Hatiheu, île de Nuku Hiva, Marquises.
- Les Marquises.
- Escale à Tahiti, Papeete.
- Départ pour Rapa Nui.

Rubriques
- Emmeline : lexique pratique.
- Voyage au jour le jour.

Mes amis